Élastométrie hépatique : une compétence accessible aux MERM mais sous couvert d’un protocole de coopération
- 10 juin
- 3 min de lecture
Alors que les besoins d'exploration hépatique ne cessent de croître dans les établissements de santé, l'élastométrie hépatique s'impose comme un outil diagnostique non invasif de premier plan. Une question se pose naturellement pour notre profession : les Manipulateurs en Électroradiologie Médicale (MERM) peuvent-ils réaliser ces mesures ? La réponse, nuancée selon l'appareillage utilisé, est globalement positive et mérite d'être détaillée.
Qu'est-ce que l'élastométrie hépatique ?
L'élastométrie hépatique est une technique d'imagerie non invasive permettant d'évaluer la rigidité du tissu hépatique, reflet direct de son degré de fibrose. Elle repose sur la propagation d'ondes mécaniques à travers le foie et la mesure de leur vitesse de propagation, exprimée en kilopascals (kPa). Plus le foie est fibrosé, plus la rigidité est élevée.
Cette technique connaît deux modalités principales d'implémentation :
• Le FibroScan® (élastographie impulsionnelle transitoire), dispositif dédié développé par la société Echosens, référence historique dans l'évaluation non invasive de la fibrose hépatique.
• Les modules d'élastographie intégrés aux échographes polyvalents (2D-SWE, pSWE, ARFI), désormais présents sur la quasi-totalité des appareils de nouvelle génération et rétroactivement installables sur certains modèles plus anciens.
Les indications cliniques sont larges : bilan et suivi des hépatopathies chroniques (MASH, hépatites virales B et C, cirrhose alcoolique), surveillance sous traitement, dépistage de la fibrose avancée dans les populations à risque. Les données présentées aux Journées Francophones de Radiologie (JFR) depuis plusieurs années confirment une excellente concordance entre les deux modalités pour la mesure de la fibrose hépatique.

Cadre réglementaire : deux appareils, deux voies d'accès
1. Le FibroScan® : vers un protocole de coopération dédié aux MERM
À ce jour, aucun protocole de coopération national ou local ne permet formellement aux MERM de réaliser des mesures d'élastométrie par FibroScan® en lieu et place d'un médecin. Il existe en revanche un protocole national établi entre infirmiers et médecins gastroentérologues, officialisé par l'arrêté du 1er mars 2021 .
Une voie concrète s'ouvre néanmoins pour les équipes motivées : la création d'un protocole local via la plateforme ministérielle dédiée, en s'inspirant directement du protocole infirmier existant, moyennant les adaptations nécessaires à notre profession. Cette démarche, déjà empruntée avec succès dans d'autres domaines (comme l'échocardiographie transthoracique au CHU de Reims), est parfaitement envisageable.
Le programme de formation associé est particulièrement accessible :
• 4 heures de formation théorique
• 4 heures de formation pratique incluant 100 mesures réalisées sous tutorat médical
• Un maintien des compétences garanti par un seuil minimal de 70 patients par an
Ces exigences sont parfaitement compatibles avec le profil et les capacités d'apprentissage des MERM, qui maîtrisent déjà les bases de l'imagerie par ultrasons et de l'interaction patient.
2. L'élastographie sur échographe : une autorisation déjà inscrite dans le cadre national
Le second cas de figure est plus favorable. Lorsque l'élastométrie est réalisée via le module intégré d'un échographe polyvalent, aucun protocole de coopération supplémentaire n'est nécessaire, puisque celui lui permettant de faire de l'écho, couvre cela.
Le protocole national encadrant la réalisation des échographies par les MERM prévoit explicitement, en son article relatif à la formation continue (page 25), la possibilité pour les manipulateurs d'accéder à des actions de formation théorique et pratique complémentaires à la formation initiale, notamment pour accompagner l'évolution des fonctionnalités des échographes, via, par exemple, un ingénieur d'application constructeur. Ce cadre autorise pleinement la mesure d'élastographie par les MERM dans le cadre de leur activité d'échographie.
Il convient de noter que si la concordance entre élastographie échographique et FibroScan® est aujourd'hui bien établie pour la mesure de la fibrose, la mesure de la stéatose hépatique par élastographie échographique ne fait pas encore consensus dans la littérature et doit donc être interprétée avec prudence.
Un levier pour la profession et pour l'accès aux soins
L'intégration de l'élastométrie hépatique dans le périmètre d'exercice des MERM représente une opportunité à la fois professionnelle et organisationnelle. Dans un contexte de tension démographique médicale et d'augmentation continue des pathologies hépatiques chroniques (en lien notamment avec l'obésité et la NASH), la montée en compétences des MERM sur ces actes constitue une réponse concrète aux besoins de santé publique.
Pour les établissements souhaitant s'engager dans cette démarche, le CNPMEM reste disponible pour orienter les équipes vers les ressources réglementaires et pédagogiques adaptées.




Je remarque que le niveau de précision est maintenu dans toutes les sections. L'analyse évite les dépassements et reste dans les limites fixées. Le site web aide à cadrer le problème dans son domaine approprié. La dynamique de participation est encadrée par les écosystèmes de services numériques.